jeudi 14 juillet 2011

Chiffres en rafale

3
Le nombre d’heures de retard de mon train vers Varanasi. Le départ s’était pourtant fait à l’heure prévue…

3,5
Le nombre de litres d’eau que j’estime avoir bus quotidiennement.

7
Le nombre de villes visitées (Delhi, Leh, Pushkar, Jaipur, Agra, Khajuraho, Varanasi).

8,85
Le nombre de litres de bière que j’ai bus pendant tout mon séjour en Inde.

15
Le nombre de billets publiés sur ce blogue. Vous ne pourrez pas m’accuser de ne pas avoir donné de nouvelles.

17
Le nombre de morts dans une triple explosion à Mumbay, hier. Le terrorisme est une menace constante en Inde, depuis le début des années 90.

23
Le nombre de jours passés en Inde au total.

23,5
Le nombre d’heures qu’il me faudra pour retourner à Montréal, en incluant une attente de sept heures et demie à Paris.

89
Le pourcentage de répondants à un sondage mené par un journal qui estiment que Delhi n’est pas une ville sécuritaire.

500
Le nombre maximal de coliformes fécaux que l’on devrait retrouver dans un décilitre pour que l’eau soit considérée propice à la baignade. L’eau du Gange en contient 1,5 million.

1 762
Distance, en kilomètres, qui sépare les villes de Leh et de Varanasi.

1 210 193 422
La population de l’Inde, aux dernières nouvelles.

Le top 10 du meilleur et du pire de l’Inde

L’Inde est un pays que les visiteurs détestent profondément et admirent à la fois. Voici un aperçu des deux côtés de la médaille, en ordre d’importance.

LE PIRE :
#10 - La saleté
Je savais que l’Inde serait un pays sale, donc ça n’était pas inattendu. Mais quand même, je ne pensais pas avoir à marcher dans des dépotoirs. Je savais aussi qu’il y aurait des animaux (et des excréments) dans la rue, mais il y a en plus que je croyais. Et quand la pluie tombe, tout le pays devient couvert de boue.
Cette vache ne se plaint pas de cette pile de déchêts. Elle essaie plutôt d'en tirer un repas. (Varanasi)
Place centrale de Pushkar.

#9 - La chaleur
Quand la température ambiante est plus élevée que la température corporelle, ça peut être difficile à supporter. Et considérant que je sue profusément, même à 25°C, il ne me fallait pas beaucoup de temps avant d’avoir l’air de sortir de la douche. Mais rassurez-vous : le mois de juillet est la pire période pour visiter l’Inde, alors il y a moyen d’éviter ce désagrément.

#8 - Les odeurs
Quelques fois, on tombe sur un arôme envoutant : de l’encens ou de la nourriture, par exemple. Mais le plus souvent, c’est une forte odeur d’urine, d’un dépotoir, d’une pile de fruits pourris ou d’une bouse de vache fondant au soleil qui nous monte au nez.

#7 - La pauvreté
L’Inde reste un pays très pauvre, malgré son développement rapide et constant. En 2005, la Banque mondiale estimait à 41,6% la proportion de la population indienne vivant sous le seuil pauvreté fixé à 1,25 US$ par jour. Il est souvent difficile de voir dans quel état certains gens vivent et de se sentir impuissant par rapport à l’ampleur de la situation.  

Sur les bords du Gange. (Varanasi)
#6- Le bruit/Les klaxons
À Delhi, Jaipur et Varanasi, les klaxons sont incessants. Ailleurs, les secondes qui séparent deux coups de klaxons se comptent sur les doigts d’une main. Par-dessus les klaxons, les gens crient pour se faire entendre, contribuant ainsi au nombre élevé de décibels. Le soir, si on entend encore les bruits de la rue, on s’approche dangereusement de la folie.

#5 - L’absence de trottoirs/Être un piéton
Les trottoirs n’existent que rarement, et même s’ils sont présents, ils ont l’air d’avoir été bombardés récemment. Certaines rues sont à peine assez larges pour contenir le trafic routier qui se compose principalement de rickshaws, de touk-touks et de motos (une voiture se faufile parfois dans le lot). Pour se rendre à destination, il faut donc souvent se joindre à la mêlée. Ajoutez-y les klaxons, la crotte de vache et les gens qui essaient sans cesse de vous attirer dans leur magasin et vous comprendrez pourquoi il n’est pas très agréable d’être un piéton en Inde.
La rue vue d'une rickshaw. (Varanasi)

#4 - Négocier/Se faire avoir
Un journal coûte entre 3 et 5 roupies (7-11). Une petite boisson gazeuse 10 roupies (22). Un bouteille d’eau de un litre vaut 15 roupies (33). Un sac de chips en vaut 5 de plus (44). Tous ces items coûtent environ 1$ au Canada. Essayez maintenant de savoir combien vous êtes supposés payer pour une course de taxi, un chandail, un foulard. Bref, il est souvent difficile de juger de la valeur monétaire des choses et le vendeur associe immanquablement la couleur de votre peau à un prix exagéré.

#3 - Les gens qui font semblant d’être gentils
À Varanasi, un homme m’aborde dans la rue. Je commence par l’ignorer, mais il me suit. Je finis par m’arrêter et lui parler un peu (il fallait que je m’arrête pour une pause). Il commence par les questions habituelles : d’où je viens, quel est mon nom, puis on parle un peu de sa vie et de la mienne. Après cinq minutes, il ne m’a pas encore offert quoi que ce soit à acheter. Peut-être veut-il vraiment parler? On continue la discussion, puis il m’offre d’aller prendre le thé. Je le suis à travers un dédale de ruelles, il m’explique que c’est le quartier musulman, que c’est ici que travaillent les artisans qui font les foulards, les tapis, les saris et autres. Ça fait une bonne heure qu’on est ensemble. Puis vient ce qui devait arriver : il y a le magasin d’un ami sur le chemin. Câlisse.

La technique est courante en Inde, et ça peut prendre bien du temps avant que la personne avec qui vous parlez en vienne à vous présentez son magasin ou à vous offrir d’aller à quelque part avec sa moto (moyennant certains frais). Résultat : on se ferme complètement et le contact avec les habitants est quasi inexistant.

#2 - Se faire harceler constamment
On se fait demander des dizaines de fois par jour de quel pays on vient. Sur le chemin, les «Hello!», «Sir, sir!», «My friend» et autres techniques pour attirer notre attention sont incessantes. Parfois, on dirait qu’ils sortent de leur sieste de l’après-midi pour essayer de vous convaincre de regarder les bidules qu’ils vendent. En marchant, un chauffeur de rickshaw s’arrête pour vous offrir un transport à tous les quelques mètres. On a beau les ignorer, ça devient carrément insupportable.  

#1 - Les escrocs de Delhi
Je vous raconterai peut-être comment et pourquoi je me suis retrouvé à payer ce voyage beaucoup plus cher que je n’aurais dû. Je ne me suis pas fait volé, mais disons que j’ai commis une erreur de jugement monumentale en faisant affaire avec des types de Delhi pour réserver mes billets de train et mes hôtels (je sais, je sais – je m’en veux encore). Dès le premier jour, ça gâche un peu la joie de venir en Inde. Au moins, j’ai eu plus de chance que d’autres qui n’ont pas reçu ce qui leur avait été promis.

Autres petites et grandes frustration de l’Inde :
·         Marcher dans de la crotte.
·         Réaliser qu’il n’y a pas de papier de toilette.
·         Les gens qui crachent sans cesse.
·         Les pannes d’électricité.


LE MEILLEUR :
#10 - Les temples de Khajuraho
Ces temples, ornés de milliers de sculptures, sont absolument magnifiques. Il y a bien sûr l’aspect amusant des positions érotiques invraisemblables, mais ces temples sont aussi fascinants par le fait qu’ils ont été construits entre les années 900 et 1100 de notre ère, et ils sont encore dans un état remarquable.
(Khajuraho)

#9 - Se déplacer en rickshaw
J’ai longtemps attendu avant d’engager l’un de ces cyclistes. La première fois, j’ai carrément eu l’impression de soumettre un homme à l’esclavage, mais on se dit par la suite que quelque difficile que cette vie soit, on les aide quand même à se nourrir avec notre maigre paiement. Et un coup monté sur la carriole, on peut observer l’activité de la rue paisiblement puisque l’on bénéficie d’une certaine immunité par rapport à tous les vendeurs. Et le déplacement s’accompagne d’une brise rafraichissante.
Rickshaw. (Varanasi)

#8 - Aller voir un film de Bollywood au cinéma (Jaipur et Varanasi)
Même si on n’y comprend pas un mot, ces films sont très rigolos. Et la musique reste coincée dans notre tête pendant plusieurs jours.

Cinéma. (Jaipur)


#7 - La faune
Chameaux, éléphants, lézards, paons, oiseaux exotiques, ainsi que les chèvres, buffles et vaches qui sont dans les rues font qu’une visite en Inde est un dépaysement total. Mes préférés demeurent toutefois les singes, que l’on rencontre quotidiennement ou presque, et qui sont toujours un excellent divertissement.

Paon. (Pushkar)

#6 - Passer un après-midi à la piscine (Khajuraho)
Ça n’a rien d’unique à l’Inde, mais ça a tout à voir avec le fait d’être en vacances. Et à cette chaleur, la piscine est l’endroit tout indiqué où passer l’après-midi. Ajoutez-y une bière fraîche et le tableau est parfait.

#5 - Regarder la crémation des morts (Varanasi)
Choquant. Troublant. Dérangeant. Et plus encore. Le traitement réservé aux défunts est à des années-lumière de notre conception de la mort et du corps. Mais si l’on va en Inde, c’est un peu pour avoir un choc culturel, et c’est précisément à cet endroit qu’il atteint son paroxysme.

Une chèvre observe les crémations de loin. (Varanasi)
#4 - La nourriture
Il y a bien sûr le pain naan, mais il y a d’autres milliers de saveurs à découvrir en Inde. Je ne peux nommer la moitié de ce que j’ai mangé, mais à l’exeption d’un poulet au curry douteux, tout était délicieux. Parmi les meilleurs repas, les mutton momos de Leh et un chicken kebab à Varanasi.

Une soupe à je-ne-sais-plus-trop-quoi, mais délicieuse quand même. (Leh)

#3 - Le Taj Mahal (Agra)
Destination incontournable de l’Inde, et pour cause. L’endroit est d’une propreté impeccable et d’une splendeur incroyable. L’entrée est plutôt chère pour les tarifs habituels en Inde, mais le détour et la dépense en valent la peine.

#2- Être à Leh
Leh est certainement l’endroit où j’ai été que j’ai le plus apprécié. Les paysages sont fabuleux, les gens d’une gentillesse inégalée et l’endroit est calme comparativement à bien d’autres.

#1 - Les couleurs de l’Inde
L’Inde pourrait être un pays sale, terne, gris, couvert de déchets et d’excréments. Heureusement, il n’en est pas ainsi. Il y a les marchands de fleurs et de légumes, les magasins de tissus et de vêtements qui se succèdent à l’infini. Mais surtout, il y a les femmes, qui portent  toutes un sari magnifique. Toutes les couleurs sont permises et les bordures dorées sont la norme. 

Des femmes font sécher les saris qu'elles ont nettoyé dans l'eau du lac sacré. (Pushkar)


Autres petits et grands bonheur de l’Inde :
·         Entrer dans un endroit climatisé trempé de sueur et vivre le soulagement d’une chute brutale de plusieurs degrés Celcius.
·         Pensez parfois à tout ce qu’il y a à faire avant le retour des classes et remettre le tout à son retour de vacances.
·         Pouvoir se débrouiller très facilement en anglais.
·         Se faire prendre par la pluie des moussons.
·         Se reposer après une longue journée de visites.
·         Essayer de démêler les liens entre les milliers de Dieux hindous.

Tableaux indiens

Voici quelques scènes qui m’ont marqué tout au long de mon voyage. Certaines sont amusantes, mais la plupart témoignent plutôt des conditions de vie difficiles auxquelles sont confrontés les indiens.

(Delhi) Vers je ne sais plus trop où, en touk-touk, se trouve une mendiante et ses deux enfants au coin d’une rue. Elle n’a pour seul numéro qu’un tambour sur lequel elle frappe quelques coups, tandis que son fils s’amuse à faire tourbillonner le pompon de sa tuque autour de sa tête. Un bébé pleure à ses côtés. Elle demande quelques sous aux voitures arrêtées, que personne ne lui offre.


(Delhi) En marchant vers mon hôtel, à travers le brouhaha, un marchand réussit à me faire entendre qu’il vend de l’encens. Je m’approche, demande ce qu’est du sandalwood et combien il vend son produit. Puis je me ravise : je n’ai aucune envie de transporter un paquet de bâtons pendant encore trois semaines, surtout je ne l’utiliserai probablement jamais. Tandis que je m’éloigne, le prix chute, l’homme à barbe blanche désespéré de vendre ses bouts de bois. Je réalise à ce moment que la ruelle où se trouve mon hôtel est juste en face. Je fonce dans la forte odeur d’urine, le vieil homme offrant maintenant l’encens à une fraction du coût initial.


(Leh) Un marchand de viande trie les morceaux de chair qui s’étalent sur son comptoir (il fait environ 28°C). Les pièces qu’il considère avariées sont lancées sur le sol à sa gauche, où se trouve un chien ravi du festin qui lui est offert.


(Delhi) J’en suis à la dernière étape de ma visite au temple d’Akshardam. Devant moi, un garçon se tourne vers son frère et demande :
«Tu crois que je peux lui parler?».
«Bien sûr», répond le frère.
Le garçon, les yeux brillants, se tourne vers moi et lance :
«Hello!»
«Hi!», que je lui réponds.
«Which country from?»
«Canada. Do you know where Canada is?»
Il demande un peu d’aide à son frère pour comprendre la question, puis finit par répondre que non.
S’ensuit un échange de sourires, de phrases lancées en l’air de part et d’autre, de regards d’incompréhension. Il a l’air très content de m’avoir parlé.
   

(Khajuraho) En revenant du troisième et dernier temple du «groupe de l’est», une femme se penche et joint ses mains pour recueillir la plus grande quantité possible de bouse de vache. Il est tôt le matin, mais il fait déjà chaud. La bouse coule entre ses doigts. Elle se dépêche d’en mettre le plus possible dans bol. Elle l’utilisera probablement comme combustible une fois séchée.



(Leh) En revenant du rafting, le chauffeur nous a arrêtés dans un musée qui porte sur l’éternel conflit qui oppose l’Inde au Pakistan et à la Chine sur la frontière du Cachemire. L’endroit étant totalement inintéressant, je sors après une vingtaine de minutes, en espérant que mes compatriotes indiens en feront autant.
Dehors, il fait  chaud, peut-être 30°C (nous sommes à 3500 m d’altitude). Des employés s’affairent à plâtrer au mur sur le côté du musée. Ils sont cinq :
·         Une femme ajoute un peu d’eau au plâtre, le mélange légèrement, puis dépose la substance dans un bol;
·         Une seconde femme prend le bol puis le place sur sa tête, assistée de sa collègue;
·         Une troisième attend patiemment que le bol arrive à sa hauteur, puis, du haut de sa plate-forme, aide la femme qui pousse le bol vers le haut.
·         Le plâtre est placé en alternance à gauche et à droite, où deux hommes s’appliquent à l’étendre sur le mur.
·         Le manège recommence.

(Jaipur) Je viens de terminer la visite du Fort d’Amber. Au bas de la colline se trouve un homme qui vend des chapeaux traditionnels plutôt chouettes. Je crois entendre qu’il les vend quinze roupies (33), je m’approche et demande quel est le prix, pour vérifier. 1500 roupies. Je ne suis pas intéressé, je m’en vais. Le prix passe de 1500 à 1300, à 1000, à 800, à 500, pour finir à 150. Je n’ai pas dit un mot et ai tout de même obtenu un rabais de 90%. Je suis le premier client de la journée : il est 13h30.


(Khajuraho) Je me suis réfugié à la piscine d’un hôtel cinq étoiles pour ne pas mourir de déshydratation dans cette chaleur suffocante. Je suis le seul client à la piscine. Quelques oiseaux exotiques volent au-dessus de moi, des singes font même une courte apparition. Un peu plus loin, trois employés tondent le gazon. Ils ont une toute petite tondeuse manuelle qu’un d’entre eux pousse puis ramène. Un autre ramasse le gazon fraîchement coupé dans un sac. Le troisième se repose, va et vient entre l’hôtel et le jardin. Ils alternent de rôle de temps à autre. En un après-midi, ils ont coupé quelques mètres carrés de gazon seulement.


(Varanasi) En retournant vers mon hôtel, je décide finalement de me tourner vers un jeune garçon qui vend une sorte de biscuits, l’un parmi tant d’autres à vendre la même chose sur le bord de la rue. Je demande d’abord si je peux goûter, puis combien ça coûte. Il me répond que ça coûte 100 roupies. Je lui dis que je n’en veux qu’un seul avant de croquer dans celui que j’ai dans la main. Je lui tends un billet de 10 roupies (le prix devrait être de 2-4 roupies), puis lui demande le change. Il demande encore 100 roupies. Je lui dis gentiment que non, pas question, ça ne vaux pas plus de 5 roupies. Son petit frère approche et confirme le prix : 100 roupies. Je décide de ne pas attendre mon change puis part, tout de même vexé qu’il ose vouloir m’arnaquer à ce point là. Le plus jeune me suis, «100!, 100!». Je finis par perdre patience, lui lance une petite insulte en anglais, puis il me laisse finalement tranquille.


(Pushkar) Je me suis assis à l’ombre, près des marches qui mènent au lac sacré, où quelques personnes se baignent. Un homme et son fils s’approchent de moi, me demandent d’où je viens. Puis, je crois comprendre qu’il aimerait savoir comment on se trouve un emploi au Canada. J’essaie de lui expliquer qu’immigrer au Canada est un processus long, compliqué et sûrement frustrant. Je lui demande ce qu’il fait comme travail ici, à Pushkar, mais je n’ai que de vagues réponses incompréhensibles, son anglais étant très limité. Je pense qu’il va rester en Inde.


(Delhi) Je suis en route vers l’aéroport, d’où mon avion décolle tôt le matin. Il est trois heures et le chauffeur qui m’y conduit klaxonne contre tout et rien. Sur le côté de la rue se trouvent d’innombrables sans-abris, qui dorment paisiblement parmi les vaches, les déchets et les chiens errants. Leur vie se déroule dans une pauvreté extrême parmi la chaleur, le bruit et les excréments. Je suis en route vers l’aéroport.

mercredi 13 juillet 2011

Varanasi, suite et fin

Je ne suis déjà plus à Varanasi.

Je suis allé dire au revoir au Gange ce matin, puis ai profité de la piscine de mon hôtel avant de trainer quelques heures à l’aéroport en attente de mon vol vers Delhi. 

J’en suis donc à ma dernière journée dans ce pays. Il me reste 26 heures à tuer à Delhi. Je crois que je les passerai devant mon ordinateur, mon livre ou un journal. Franchement, je n’ai pas envie de retourner à Delhi, sous la chaleur suffocante. C’est ma dernière journée de vacances, alors j'essaie aussi de mettre mentalement en ordre de priorité tout ce que j’ai à faire à mon retour.

L’Inde a ceci de particulier que ceux qui la visite l’adorent et la détestent à la fois. Je me trouve un peu entre les deux, en ce moment. J’écrirai peut-être sur ce sentiment ambigu demain, en attendant l’avion qui me ramènera vers mon chez-moi sherbrookois. Un peu avant d'y arriver, toutefois, je sais que je pourrai enfin serrer ma blonde dans mes bras à l'aéroport de Paris, pour un trop bref moment, mes vacances se terminant là où les siennes commencent. Je devrai donc me contenter du ronron de mon chat pour la prochaine semaine.

Je vous laisse sur quelques photos des derniers jours. De mon côté, je retourne à ma dernière Kingfisher, la bière locale (qui a curieusement le même nom qu'une compagnie aérienne. Il faut que j'aille vérifier ça: Est-ce vraiment la même compagnie?).

 
La rive, vue du Gange.

Ruines de Sarnath, où Bouddha a fait son premier sermon.
Temple hindou sur un campus universitaire (qui n'a rien du chaos de la ville). La swastika n'a pas la même signification qu'en occident.
On ne peut pas prendre de photos des corps qui brûlent`(et honnêtement, je ne suis pas sûr que je les ai aurais mises). Mais vous pouvez ici voir le bois utilisé, avec une balance en arrière-plan. Le tout est minutieusement pesé pour déterminer le prix de la crémation.
Un homme se repose sur son bateau. (Ça en fait un de moins pour nous offrir une balade en bateau.)
Cérémonie du Ganga aarti, en l'honneur du Gange. Chants, encens et fleurs sont offerts au fleuve sacré.
LE CHIFFRE DU JOUR:
2
Le nombre de livres que j’ai achetés à Varanasi (oui, je suis retourné à mes vieilles habitudes). The world is flat, de Thomas L. Friedman, et The white tiger, de Aravind Adiga, sont les heureux élus. Les deux livres ont été achetés dans deux librairies différentes, deux paradis climatisés où personne ne pousse la vente dans un Varanasi étouffant.  J’ai finalement choisi le premier pour m’occuper pendant mon voyage en avion. Pendant que j’étais en Inde, j’ai fini A fine balance (Rohinton Mistry), Le procès (Franz Kafka) et The imperfectionnists (Tom Rachman). 

lundi 11 juillet 2011

Varanasi

“The whole city looked like a dump to me.”

C’est ainsi qu’un voyageur britannique m’a decrit la ville de Varanasi. J’ajouterais que c’est densement peuple et tres bruyant.

Mais on y vient surtout pour voir le Gange et les pellerins qui s’y baignent. Effectivement, l’ambiance est nettement plus proche du recueillement ici qu’a Pushkar. Difficile toutefois de ne pas remarquer l’etat de la riviere: elle est saturee de bacteries fecales (les egouts s’y versant directement), polluee et boueuse (le niveau de l’eau change selon la pluie des moussons, emportant donc avec lui tout le sable sur la rive). Ca n’empeche pas les hindous de partout au pays de venir s’y baigner et y laver leurs vetements.

On vient aussi a Varanasi pour voir les sites de cremation sur la rive du Gange. Ici, on brule les corps en public avant de jeter les cendres dans l’eau sacree. L’endroit est tout a fait troublant pour un occidental. J’y suis reste a regarder les membres de la famille transporter le corps enveloppe d’un drap richement decore avant de le “laver” dans le Gange. Apres quelques minutes de sechage, le corps est place sur une pile de bois, puis le fils aine du defunt y met le feu. Un peu plus bas, des garcons plongent dans l’eau, ressortent avec une pile de debris, puis fouillent le tout a la recherche de bijoux. Pendant que j’y etais, sept personnes s’envolaient vers le paradis et trois corps attendaient leur tour. Personne ne pleure dans cet endroit ou s’etalent pourtant les cadavres des proches de ceux qui sont presents.

***

Homesick. Il y a un equivalent francais a ca?

Qu’importe, je me sens pas mal comme ca ces jours-ci. C’est chouette l’Inde, mais plusieurs choses sont difficiles a supporter: le bruit, les personnes qui nous abordent sans cesse pour offrir qu’on embarque avec eux ou pour aller voir leur magasin, il y a aussi ceux qui offrent un tour de bateau et j’ai constamment l’impression de me faire avoir quand j’achete quelque chose. On me traite comme un porte-monnaie ambulant. A ce propos, le garcon qui demande un don pour que les pauvres puissent s’acheter du bois au site de cremation merite la palme du plus fatiguant.

Autour de moi, j’ai l’impression que tout les autres visiteurs s’amusent plus que moi. Je pense avoir une malchance terrible ou une grave incapacite sociale: tous les etrangers avec qui j’essaie d’entamer la conversation sont soit ininteresses a discuter ou incapables de le faire en anglais.

Bref, je ne suis pas fache d’en arriver a la fin de mon sejour ici. J’ai hate de vous retrouver, ainsi que le climat du Quebec (quoiqu'on en dise) et les prix fixes dans les magasins.

LE CHIFFRE DU JOUR:
3,25
Le nombre de jours qu’il me reste a passer en Inde.

P.S. Desole pour l’absence d’accents et de photos. Et un peu aussi pour le negativisme de la derniere partie.

jeudi 7 juillet 2011

Khajuraho

Chers vous tous,

Je suis encore à Khajuraho aujourd’hui et demain, mais j’ai déjà essentiellement fait le tour des attractions de la ville. En effet, j’ai rencontré une américaine dans le train qui m’a mené ici, et elle ne disposait que d’un peu plus d’une journée pour visiter cette ville du Madhya Pradesh.

Nous avons fait ensemble le tour des temples, au nombre de 22, qui sont l’attraction de la ville. Construits entre 900 et 1200, ces temples richement ornés de sculptures sont surtout connus pour les illustrations de différentes positions érotiques (souvent invraisemblables) qu’on y retrouve. Des centaines de femmes à la poitrine généreuse agrémentent aussi le décor. Il y a aussi plusieurs scènes de combat, mais vous comprendrez que celles-ci attirent moins l’attention.


Temples. Il y en a 22 dans la ville.

Temples de Khajuraho avec une nouvelle amie américaine.
Les temples sont richement décorés. Vous voyez ici les sculptures parmi lees plus suggestives.
Façade d'un temple. 


Un peu à l’extérieur de la ville se trouvent également des chutes. J’étais heureux d’être accompagné pour pouvoir partager le coût du transport en taxi. Arrivés là, une pluie diluvienne a soudainement déferlé sur l’Inde. En quelques secondes, mes vêtements étaient trempés et le sol boueux. Le tout était très impressionnant et nous avons beaucoup rigolé sur le chemin du retour lorsque le touk-touk fendait les flots qui traversaient maintenant la route.
PLUIE! (Après m'être fait décoré de la sève rouge d'une plante exotique.)


En soirée, nous sommes allés voir un spectacle de danse traditionnelle assez joli. J’étais incapable de m’empêcher de rire à chaque fois que l’animateur décrivait le prochain numéro dans un anglais relatif (ou était-ce de l’Hindi?), mais nous avons eu droit à d’impressionnantes pyramides, des combats à coups de bâtons et des chansons envoûtantes.


Ainsi donc, je n’ai plus grand chose à faire dans cette ville. J’en profiterai donc pour ne pas faire grand chose. Je vais de ce pas m’acheter un bouquin électronique que j’irai sur le bord d’une piscine.
 

LE CHIFFRE DU JOUR:
830
Soit le nombre de photos prises jusqu’à maintenant, ce qui donne une moyenne de 48,8 photos par jour.

mardi 5 juillet 2011

Taj Mahal

Que dire du Taj Mahal?

L’objectif était de construire un endroit qui représente le plus fidèlement possible le paradis sur terre.  Pari réussi.

Le mausolée est à la hauteur des images qu’on en voit. Le mouvement du soleil, qui en change l’éclairage, produit réellement un effet magique.
Devant le Taj Mahal. J'avais pris une longue pause avant d'affronter le soleil pour prendre cette photo. Sinon, vous auriez vu un chandail détrempé et un front perlé de sueur.



Par contre, on est toujours en Inde et la chaleur était particulièrement difficile à supporter hier*. En après-midi, quelques gouttes sont finalement tombées et un faible vent frais s’est levé, au grand bonheur du touriste que je suis. Aussi, je croyais qu’Agra, ville où se trouve le Taj Mahal, serait une ville plus propre et plus ordonnée que le reste, étant donné le nombre important de touristes qui passent ici. Mais non, à l’extérieur de l’enceinte du mausolée, ça ressemble aux autres villes du pays.
Cabinet de médecin, Agra. Le médecin attend patiemment son premier patient.

L’autre attraction d’Agra, le fort rouge, est aussi très intéressante. On y apprend tout plein de choses sur l’empire Mughal, qui a régné sur une bonne partie du moyen-orient et de l’inde pendant trois siècles. On peut également y visiter l’endroit où l’empereur Shah Jahan, qui a fait construire le Taj Mahal à la mémoire de sa femme, a terminé ses jours, maintenu captif par son fils dans une prison dorée d’où il pouvait admirer le majestueux bâtiment.
Fort rouge, Agra.

Je ne suis pas resté longtemps à Agra, ayant pris le train de nuit pour me rendre à Khajuraho le même soir. Je pourrai y visiter les temples ornés de sculptures du Kama Sutra, dont on dit qu’ils sont parmi les plus beaux de l’Inde. C’est mon avant-dernière destination avant Varanasi, où je passerai cinq jours.

Attente à la gare d'Agra pour un train de nuit vers Khajuraho.


LE CHIFFRE DU JOUR :
37,5
C’est le nombre de fois qu’il faut multiplier le tarif d’entrée au Taj Mahal pour un citoyen indien (20 roupies, 50) pour obtenir le coût pour un visiteur étranger (750 roupies, 16,70$). Il est fréquent d’avoir à payer de 3 à 10 fois plus, mais là, franchement…

 *Avant-hier, j’ai visité un temple peuplé de singes, sur la route entre Jaipur et Agra. Par contre, il faisait si chaud là encore que même les singes étaient hypoactifs, écrasés par la chaleur.


 

dimanche 3 juillet 2011

Quelques photos...

Il commence à se faire tard alors je ne ferai que mettre quelques photos pour aujourd'hui.

Je suis maintenant à Jaipur, capitale du Rajasthan et extrémité ouest du «triangle d'or» qui désigne le circuit touristique de Delhi, Jaipur et Agra (ville où se trouve le Taj Mahal - j'y serai demain pour une visite du célèbre mausolée le 5 juillet prochain).

Jaipur est une ville très jolie, où tout a été peint en rose il y a un peu plus d'un siècle pour la visite du roi Edward VII (si je me souviens bien). Jolie mais extrêmement bondée, très bruyante et sale. Les vendeux de bébelles sont partout, mais je ne sais pas si c'est véritablement moins pire ou si c'est seulement une impression après s'être adapté au choc initial de l'Inde.

Depuis mon dernier message, j'ai fait une excursion à dos de chameau, cherché un guichet pendant des heures, flâné à Pushkar autour du lac sacré, fait quelques heures de route jusqu'à Jaipur, dormi et visité deux palais. Ce soir, je suis allé voir un authentique film Bollywoodien (voir la publicité ici: http://www.youtube.com/watch?v=ACvDgKuTxnA&feature=related ). Je n'ai pas compris un mot mais j'ai quand même pu apprécier les scènes de combat et les immanquables chansons qui font la renommée du cinéma indien. 

Voici donc quelques photos avant d'aller faire dodo.

Chameau! (Pushkar)

Quelques heures à flâner en regardant les baigneurs (malgré la qualité de l'eau et le caractère sacré du lac) et les oiseaux. (Pushkar)

Devant le palais d'Amber, l'ancienne ville de Jaipur.
Hawa Mahal, ou palais des vents, d'où les femmes de la cour pouvaient observer la rue sans être vues. (Jaipur) 
Éléphant! (Jaipur)

Le chiffre du jour:
120 + 50
Le nombre de roupies indiennes (environ 3,75$) qu’il vous faut pour une entrée, un petit popcorn et une petite boisson au célèbre cinéma Raj Pustak Mandir de Jaipur.